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Yosef Yarden est professeur au département de régulation biologique à l’Institut Weizmann à Rehovot (Israël). Il a consacré ses recherches à la compréhension du rôle biologique des facteurs de croissance et de leurs récepteurs cellulaires. Ses découvertes ont ouvert la voie à de nombreux travaux sur le fonctionnement de ces récepteurs et leur implication dans le développement et le métabolisme des cancers. Elles sont à l’origine du développement de thérapies ciblées qui ont bouleversé la prise en charge des cancers du sein.

Professeur au Département de régulation biologique de l’Institut Weizmann à Rehovot en Israël, Yosef Yarden consacre ses recherches à la compréhension du rôle biologique de molécules semblables aux hormones appelées facteurs de croissance et de leurs récepteurs cellulaires dans les cancers du sein.

Ses travaux ont permis le développement de plusieurs traitements anti-cancer dirigés contre ces facteurs de croissance et leurs récepteurs. Ceux-ci lui ont valu une reconnaissance internationale concrétisée par de nombreux prix scientifiques tels que le Susan G. Komen for the Cure® Brinker Award for scientific Disctinction in Basic Research (2012), le Ernst W. Bertner Memorial Award du MD Anderson (2011), le Hamilton Fairley Award de l’ESMO (2008), le Prix EMET (2007) ou encore le Prix MERIT de l’Institut National du Cancer américain (2005).

Comme les plus grands scientifiques, Yosef Yarden est guidé par sa curiosité et son ouverture d’esprit. Alors qu’il n’était encore qu’étudiant à l’Université hébraïque de Jérusalem, il s’est passionné pour la croissance des cellules, processus qui les amène à se diviser, et parfois à se transformer en cellules tumorales. Il s’est penché plus particulièrement sur les facteurs de croissance, petites molécules semblables aux hormones capables d’activer certains mécanismes dans une cellule comme sa croissance ou sa division. C’est au cours de son doctorat à l’Institut Weizmann qu’il se concentre plus particulièrement sur les récepteurs d’une hormone appelé EGF (appelé Facteur de croissance épidermique en français), un domaine alors en pleine expansion. Yosef Yarden rejoint en 1985 le laboratoire d’Axel Ullrich à San Francisco à l’origine de la découverte d’un autre récepteur de la même famille (HER2). Il poursuit ensuite sa formation postdoctorale à l’Institut Whitehead (États-Unis) dans le laboratoire du Professeur Robert Weinberg avant de rentrer en Israël pour créer son propre laboratoire en 1989, consacré à l’étude des récepteurs aux facteurs de croissance et à leur implication dans la cancérogenèse.

DES THÉRAPIES CONTRE LES TUMEURS MAMMAIRES

S’ils relèvent de la catégorie « recherche fondamentale », les travaux du Pr Yarden révélant le rôle et la structure des facteurs de croissance dans les cancers ont ouvert la voie à de nouvelles perspectives thérapeutiques visant à bloquer la croissance des tumeurs. Ses découvertes fondamentales ont par la suite été traduites en applications cliniques avec le développement d’inhibiteurs pharmacologiques tels que le trastuzumab et le pertuzumab, deux  anticorps monoclonaux utilisés aujourd’hui pour le traitement de certains cancers du sein.

Plus récemment, Yosef Yarden s’est intéressé aux cancers du sein dits « triple-négatifs », particulièrement agressifs et difficiles à traiter. En étudiant la littérature scientifique, le Professeur Yarden a remarqué que 30 % des patientes atteints d’un cancer du sein « triple-négatif » présentaient des taux élevés du récepteur à l’EGF. Pourtant, les médicaments dirigés contre ce récepteur avaient jusqu’alors montré leur inefficacité pour le traitement de ce type de tumeurs. Le chercheur a alors développé une nouvelle stratégie thérapeutique, en combinant deux anticorps ciblant deux parties distinctes du récepteur EGF qui s’est avérée prometteuse lors des premiers essais précliniques. À terme, le développement de cette approche inédite pourrait permettre de traiter de nombreuses femmes atteintes d’un cancer du sein en situation d’échec thérapeutique.

La fin de l’année 2014 a également été marquée par une découverte étonnante du Professeur Yarden sur la capacité des tumeurs à croître plus rapidement durant la nuit. Remarquant une activité accrue du récepteur EGF pendant le sommeil, le chercheur a voulu vérifier l’efficacité d’un traitement du cancer du sein, le lapatinib, en fonction de l’heure l’administration de la molécule. Les résultats précliniques ont montré une diminution plus importante de la taille de la tumeur lorsque le traitement est administré lors de la phase de repos comparé à la période d’éveil. Avec cette étude, Yosef Yarden ne suggère pas un nouveau traitement mais plutôt une nouvelle planification de délivrance de certains médicaments, ici dans le cas des cancers du sein mais potentiellement adaptable à d’autres cancers.

En identifiant des mécanismes dont le rôle majeur est la transformation et la croissance tumorale, le Professeur Yarden a conceptualisé une nouvelle approche thérapeutique consistant à cibler spécifiquement les cellules tumorales mammaires via les récepteurs des facteurs de croissance. Des découvertes à l’origine des thérapies ciblées qui permettent depuis plusieurs années de traiter de nombreuses patientes.