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A l’ASCO, Alain Thierry, chercheur de l’IRCM financé par la Fondation ARC, a présenté une nouvelle méthode non-invasive pour la détection des mutations KRAS et BRAF dans le cancer colorectal métastatique. Cette stratégie, basée sur la détection de l’ADN tumoral circulant, s’inscrit dans le contexte de la médecine prédictive et personnalisée.

Dans les pays occidentaux, le cancer colorectal (CRC) est le 3ème par son incidence et son taux de mortalité. La plupart des CRC présentent une hyper-expression de l’EGFR (Epidermal Growth Factor Receptor), faisant de ce récepteur tyrosine kinase la cible privilégiée des thérapies ciblées à base d’anticorps monoclonaux anti-EGFR. Cependant les mutations des gènes KRAS (un activateur essentiel de la voie de signalisation EGFR) et BRAF, rendent ces traitements ineffectifs et sont donc systématiquement recherchées, par analyse à partir de section tumorale et séquençage, avant l’établissement d’une thérapie.

Sa grande expérience de la thérapie génique et ses études sur l’auto-assemblage de l’ADN ont permis à Alain Thierry (photo ci-dessus), avec ses collaborateurs*, de développer une nouvelle méthode non-invasive visant à diagnostiquer ces mutations. Ces résultats, présentés au congrès de l’American Society of Clinical Oncology (ASCO) de Chicago en juin dernier, vont faire l’objet de deux publications d’envergure. Alain Thierry, chercheur de l’Institut de Recherche en Cancérologie de Montpellier (IRCM), qui bénéficie d’un financement «Projet ARC», vient en effet de terminer une étude sur 79 patients atteints de CRC métastatique : « J’ai été très heureux de recevoir ce financement. C’est un travail de longue haleine, la première étude multicentrique prospective en aveugle permettant de comparer l’analyse des tissus tumoraux à celle de l’ADN circulant (ADNcir) », précise-t-il.

L’ADNcir est libéré suite à la destruction, notamment apoptotique, des cellules tumorales et de leurs tissus adjacents. Circulant dans le plasma sanguin sous forme de fragments de différentes tailles et portant des mutations spécifiques des cellules tumorales, il représente un marqueur pronostique de choix dans le CRC et fait l’objet de nombreuses méthodes de détection. La nouvelle méthode IntPlex® permet non seulement de détecter les mutations ponctuelles KRAS et BRAF (les 6 Polymorphismes Nucléotidiques ou SNPs de KRAS et 1 SNP de BRAF) et de mesurer le taux mutationnel avec une sensibilité très élevée de 0,01% [1]; mais elle donne également une valeur précise de la concentration en ADNcir (paramètre potentiellement pronostique) et du degré de fragmentation de l’ADNcir selon les patients (facteur potentiellement diagnostique).

A.G.

[1] AR Thierry et al, 2012 ASCO Annual Meeting

*Equipes de collaboration : Dr. Molina (UMR 3145, Sysdiag), Prof Ychou (Centre Régional de Lutte contre le Cancer (CRLC) de Val d’Aurelle, Montpellier), Prof. Pezet (CHU Clermont-Ferrand), Prof. Mathonnet (CHU Limoges). D’autre part, Alain Thierry a initié ce travail de mise au point à l’unité UMR3145 Sysdiag de Montpellier où il était affilié auparavant.