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FOCUS SUR L’ADN CIRCULANT ET LA MÉTHODE INTPLEX

L’originalité de l'approche d’Alain Thierry réside dans l’étude des fragments de petite taille qui se sont révélés largement majoritaires dans les plasmas de souris xénogreffées et de patients atteints de CRC métastatique [2,3]. « Les études sur l’ADNcir montraient des résultats discordants car seuls 20-30% des échantillons étaient pris en compte. En intégrant les petits fragments, la concentration de l’ADNcir est suffisante pour devenir un biomarqueur tumoral. Chez une personne saine, elle est de 2 à 5 ng/mL, alors que chez un patient atteint de cancer colorectal, elle est située entre 10 et 1000 ng/mL », explique-t-il.


La technique de Q-PCR de la méthode IntPlex®, hautement spécifique, repose sur l’utilisation d’un système d’amorces contenues dans une région de 300pb et dont les deux séquences courtes (<100pb) aux extrémités sont amplifiées, l’une correspondant à une séquence contenant la mutation, l’autre à la séquence normale (wild type). « Pour développer cette PCR si sensible, rapide et peu chère, nous avons investi beaucoup de temps dans le choix des primers, leur qualité et leur design général. Nous utilisons aussi un oligonucléotide bloqueur qui augmente la spécificité et un primer muté à basse température de fusion », ajoute le chercheur.

Alain Thierry compte poursuivre ses recherches sur la caractérisation de la fragmentation en fonction, entre autres, de la localisation tumorale et des stades d’invasion tumorale, puis valider sa méthode à plus grande échelle : « Notre plan de travail est envisagé sur 600 patients. Nous allons d’abord confirmer la détection des mutations KRAS et BRAF dans l’ADN circulant. Puis, utiliser l’analyse de l’ADN circulant comme contrôle de la thérapie, pour déterminer son efficacité. Et enfin, développer un suivi des patients sur 3 ans ». En outre cette méthode peut être appliquée à d’autres types de cancers et d’autres gènes : « Nous souhaitons utiliser le cancer pancréatique comme modèle d’étude pour mieux comprendre, détecter et contrôler la thérapie**. Nous lançons également un programme sur le cancer du sein, notamment en travaillant sur d’autres mutations, comme PIK3CA, un gène souvent muté dans le cancer du sein et le cancer colorectal ».  

Cette technique s’inscrit particulièrement bien dans le contexte de la médecine personnalisée, car elle permet de déterminer individuellement le statut mutationnel du patient avant et pendant la thérapie, et donc de contrôler et d’anticiper les résistances possibles et les récidives éventuelles.

  A.G.

[2] AR Thierry et al, Nucleic Acids Research, 2010

[3] F. Mouliere et al, PLOS One, 2011

**Equipes de collaboration : Prof. Dritschilo (Lombardi Cancer Center, Washington DC, USA), Prof. Pezet (CHU Clermont-Ferrand)