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RÔLE DES VAISSEAUX HEV DANS LE CONTEXTE TUMORAL

Plusieurs études (voir [
4
] pour références) ont montré que la présence de lymphocytes (cellules T CD8+) dans les tumeurs est de bon pronostic dans certains cancers solides tels que le cancer colorectal ou les carcinomes ovariens. Cependant, les mécanismes d'infiltration des lymphocytes et les vaisseaux présents dans les tumeurs, ne sont pas complètement caractérisés. C’est l’une des thématiques sur lesquelles s’est penché Jean-Philippe Girard.
Photo 1 : microscopie intravitale 

Au sein d’une cohorte rétrospective de 146 patientes atteintes de cancer du sein invasif et en collaboration avec l'Institut Claudius Regaud (ICR, Centre de Lutte contre le Cancer), il a démontré qu’une densité élevée de vaisseaux HEV est retrouvée dans les tumeurs. L'analyse de 319 tumeurs solides primaires (mélanomes, sein, cancer colorectal, carcinomes pulmonaires, ovaires) a par ailleurs montré qu'une haute densité de vaisseaux HEVs est associée à une grande infiltration de lymphocytes T, parmi lesquels des lymphocytes tueurs CD8+, des lymphocytes naïfs responsables de la mémoire tumorale, et d’autres populations de lymphocytes [4].

Photo 2 : microscope multiphoton

L’intérêt majeur de cette découverte réside cependant dans le fait que la quantité de vaisseaux HEV est reliée qualitativement au pronostic, à savoir qu’une densité élevée de ces vaisseaux dans les tumeurs, implique un plus petit risque de rechute, et est corrélée à des taux plus élevés de survie sans métastase, survie sans progression, et survie globale. Ainsi, les vaisseaux HEVs pourraient représenter une porte d'entrée majeure d'infiltration de lymphocytes dans les tumeurs et pourraient représenter également des cibles de diagnostic et thérapeutiques.

Dans une deuxième interview, Dr Jean-Philippe Girard explique ces résultats à l'appui de splendides images de microscopie intravitale (photo 1 ci-dessus). Cette technique, obtenue entre autres grâce a un financement ARC, permet ici l’observation du microenvironnement tumoral in situ, en temps réel et à haute résolution. Elle peut être associée à un microscope multiphoton qui permet la visualisation en temps réel de molécules fluorescentes (photo 2 ci-dessus).


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[4] L Martinet and al, Cancer Res, 2011