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 En amont de l’activation du TCR, les cellules dendritiques représentent une cible anti-tumorale très plébiscitée. Sur quoi ont porté vos travaux ?

B.M: Effectivement, les lymphocytes T répondent à l’information apportée par les cellules dendritiques, les sentinelles du système immunitaire. En collaboration avec Schering-Plough, nous souhaitions en 2000-2005, développer des thérapies contre les mélanomes. Pour booster les défenses anti-tumorales, nous avons donc étudié les cellules dendritiques de la peau, dont on ne connaissait qu’un seul type. Pour visualiser in vivo le comportement des cellules dans l’épiderme, nous avons établi un des premiers modèles de souris qui exprimait, sous contrôle de la langerine (une lectine spécifique des cellules de Langerhans qui sont des cellules dendritiques immatures), une protéine fluorescente et le gène humain du récepteur de la toxine diphtérique (Figure 4). Ce dernier permet d’engendrer une sensibilité de la souris à la toxine diphtérique et donc d’éliminer à la carte le compartiment cellulaire désiré.

Figure 4 : cellules dendritiques exprimant une protéine fluorescente
Nous avons ainsi caractérisé chez la souris, avec leur carte d’identité génétique et transcriptomique, 5 à 6 sous-types de cellules dendritiques dermiques [1,2,3]. Un point très intéressant, c’est que certaines de ces cellules ont des propriétés immuno-suppressives, d’autres immunomodulatrices. Ce sont donc ces cellules à propriétés modulatrices positives qui doivent être ciblées par les préparations vaccinales et les thérapies anti-tumorales. En collaboration avec Marc Dalod (directeur du groupe « cellules dendritiques et défense antivirale » au CIML), nous entrons dans une longue phase d’investissement fondamental chez l’humain pour rechercher des cibles, avec éventuellement une portée translationnelle.

[1] A. Kissenpfennig et al, Immunity, 2005 

[2] LF. Poulin et al, J Exp Med, 2007

[3] S. Henri et al, J Exp Med, 2010