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…pour ses travaux de recherches post-doctorales sur les cellules Natural Killer (NK). En montrant que la mutation d’un récepteur activateur présent sur les cellules NK augmente leur hyperréactivité face à des cellules tumorales, ces résultats ouvrent la voie à de nouvelles perspectives thérapeutiques.

« Etudier la biologie et chercher à comprendre le vivant a été pour moi une évidence. En biologie, par comparaison à d’autres sciences plus dures, il n’y a pas de système figé, tout dépend de l’angle et du moment d’approche. Je trouve cela vraiment fascinant». L’angle d’approche choisi par Dr Emilie Narni-Mancinelli (photo ci-contre) pour étudier les cellules NK a abouti à des résultats très prometteurs en termes thérapeutiques, et lui a permis de décrocher le Prix Hélène Starck post-doctorants 2012 catégorie  « présentation orale » aux Journées Jeunes Chercheurs de la Fondation ARC, ainsi que d’autres prix scientifiques*. Emilie Narni-Mancinelli continue à travailler sur cette thématique, développée lors de son post-doctorat (soutenu par une aide individuelle jeune chercheur de 36 mois de la Fondation ARC), en tant que Chargée de recherche INSERM au laboratoire « Cellules Natural Killer et Immunité Innée », dirigé par le professeur Eric Vivier au Centre d’Immunologie de Marseille-Luminy (CIML).

Les cellules NK (Natural Killer) sont des lymphocytes de l’immunité innée qui reconnaissent et éliminent les cellules tumorales, infectées et stressées. Par ailleurs,  elles participent à la mise en place de l’immunité adaptative. L’activité des NK doit permettre d’éliminer efficacement les cellules cibles tout en épargnant les cellules du soi. Pour cela, les NK expriment à leur surface des récepteurs inhibiteurs, dont l’engagement délivre des signaux d’inhibition à la cellule NK, et qui reconnaissent des ligands inhibiteurs  exprimés par la quasi-totalité des cellules de l’organisme, les molécules du Complexe Majeur d’Histocompatibilité de classe I (CMH-I). Les NK expriment aussi des récepteurs activateurs qui reconnaissent des ligands activateurs. Une cellule saine exprime des ligands inhibiteurs et peu ou pas de ligands activateurs, dont la somme des signaux conduit à une inhibition de la cellule NK. Lorsqu’une cellule a subit un stress infectieux, tumoral, physique ou chimique, le nombre de ligands inhibiteurs exprimés peut diminuer et/ou le nombre de ligands activateurs augmenter. La balance des signaux inhibiteurs et activateurs sera alors en faveur d’une activation de la cellule NK ayant pour finalité l’élimination de la cellule cible.

Sous la supervision d’Eric Vivier et Sophie Ugolini, Emilie cherche à mieux comprendre la régulation des activités effectrices des NK, notamment l’activation des cellules NK en réponse aux cellules tumorales. « Pour comprendre ces mécanismes régulateurs, nous avons entrepris un programme de mutagénèse aléatoire dans des souris, ce qui est une approche non biaisée et sans a priori. Ceci nous a amené à l’identification d’une souris mutante appelée Noé, chez laquelle les cellules NK montrent une hyperréactivité face à des cellules tumorales, et qui présente une meilleure résistance lors d’infections virales [1] », explique Emilie. Hors ce phénotype est expliqué par une mutation du récepteur NKp46 exprimé par les NK chez l’homme comme chez la souris. Une découverte a priori paradoxale, puisque ce récepteur a une fonction activatrice. Cependant, ce travail a pu démontrer un rôle de NKp46 dans la calibration du seuil de réactivité des cellules NK [1,2].

*Prix Achard Académie de Médecine 2009
  Prix Var 2012- Dr Joseph Amalric, LNCC

[1] E. Narni-Mancinelli et al, Science, 2012
[2] E. Narni-Mancinelli et al, Curr Opin Immunol, 2012